L’utilisation de mini-vis d’ancrage temporaire avec un appareil d’expansion maxillaire permet une toute nouvelle approche pour l’expansion chez les adultes chez qui la suture maxillaire est fusionnée. Auparavant, si l’on désirait “ouvrir” la suture palatine, il fallait avoir recours à une intervention chirurgicale pour “affaiblir” l’os maxillaire et permettre de séparer les 2 segments à l’aide d’un appareil d’expansion (EPRAC – Expansion Palatine Rapide Assistée Chirurgicalement).

Cette technique MARPE (Miniscrew-Assisted  (ou Micro-implant) Rapid Palatal Expansion ou Expansion Palatine Rapide Assistée par Mini-vis (micro-implants) – EPRAM en français) est relativement nouvelle et utilise des mini-vis d’ancrage qui permettent de fixer un appareil d’expansion directement dans l’os du palais et d’exercer une pression qui permet à la suture de se séparer même si elle était fusionnée auparavant.

(A) Radiographie (tomodensitométrie volumique à faisceau conique (TVFC)) montrant le palais avant l’expansion à l’aide de MARPE. (B) Vue de l’appareil d’expansion en bouche. Les * jaunes indique les 4 mini-vis qui servent d’ancrage pour l’appareil d’expansion. (C) Radiographie montant l’appareil en bouche (* bleu). (D, E) Coupe coronale de la TVFC montrant les changements dans la largeur du palais (flèche) et l’inclinaison des molaires (lignes vertes) avant (D) et après (E) l’expansion qui se produit en forme pyramidale.  Ceci démontre clairement qu’il y a une augmentation de la largeur au niveau de l’os basal du maxillaire supérieur. Sur les illustrations A, B et C, les flèches rouges et bleues indiquent les endroits où la largeur est mesurée entre les prémolaires (bleu) et les molaires (rouge). (Illustration adaptée de Park et Al. kjod 20172)

L’étude de Park2 et ses confrères a été faite sur un groupe de 14 jeunes adultes âgés de 20.1 ans en moyenne (âge variant entre 16 et 26 ans) et ayant une déficience maxillaire transverse squelettique et traitée par EPRAM (MARPE).

Parmi les 19 patients sélectionnés initialement pour l’étude, 3 ont dû être exclus car la suture maxillaire ne s’est pas séparée et 2 autres ont été exclus pour raison de maladie systémique et traitement orthodontique préalable.

Les changements squelettiques et dento-alvéolaires ont été évalués à l’aide d’images provenant d’une tomodensitométrie volumique à faisceau conique (TVFC) prise avant et après l’expansion. Les résultats ont démontré qu’il était possible de séparer la suture palatine pour ce groupe de patients et ce, de façon statistiquement significative. Il est donc possible d’obtenir une séparation de la suture maxillaire ainsi que de l’expansion squelettique et dento-alvéolaire sans chirurgie.

À mesure que cette technique évolue et que des études démontrent son efficacité, certains praticiens croient, qu’éventuellement, il ne sera plus nécessaire d’avoir recours à une chirurgie orthognathique pour faire des corrections squelettiques transverses (augmentation de la largeur) du maxillaire supérieur.