L’ortho, c’est pas du Lego!

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 La perfection en orthodontie

Lors de la construction avec des blocs Lego, si des pièces identiques et un plan de construction précis sont utilisés, on peut arriver à un résultat final qui sera le même peu importe qui assemble les blocs. Ce résultat pourra être reproduit et répété une fois après l’autre si on utilise les mêmes blocs et le même plan.En orthodontie, la situation est différente. Nous faisons ce parallèle car certains patients ont des attentes irréalistes envers l’orthodontie lorsqu’elles s’attendent à obtenir un résultat “parfait” complètement prévisible et atteignable à tout coup. Tout comme avec un jeu de Lego, nous devons composer avec plusieurs “pièces” ou composantes; dentition, musculature, mâchoires, articulations, croissance, coopération, etc. mais ces éléments peuvent présenter une variation extrême d’un individu à l’autre de sorte que, malgré que l’on traite des problèmes qui semblent similaires, les résultats peuvent varier d’une personne à l’autre. La perfection en orthodontie ou dentisterie n'existe pas.

En orthodontie, nous avons aussi notre “plan de construction” (plan de traitement) qui nous sert de guide dans l’atteinte d’objectifs de traitement mais, contrairement à la construction en Lego, ce plan ne mènera pas aux mêmes résultats d’une personne à l’autre, même si nous avons des “pièces” identiques au départ.

 

L'orthodontie ne fonctinne pas comme un jeu Lego avec résultats prévisibles!

 

Le résultat du traitement d’orthodontie

Plusieurs facteurs peuvent influencer le résultat du traitement d’orthodontie et empêcher l’atteinte d’objectifs de traitement idéaux comme :

  • l’âge du patient;
  • le potentiel de croissance et développement restant (indirectement relié à l’âge du patient). La croissance peut être inadéquate ou excessive;
  • la coopération du patient pendant le traitement (port d’élastique, hygiène buccale, assiduité aux rendes-vous, etc.). L’importance de la coopération est grandement sous-estimée dans le succès des traitements orthodontiques, surtout en ce qui concerne le port des élastiques;
  • la présence d’un déséquilibre squelettique entre les mâchoires;
  • la dentition : la présence de dents manquantes, brisées, extraites, abimées, avec d’importantes restaurations, etc.;
  • l’anatomie des dents; certaines dents sont plus larges, étroites, difformes, etc. ce qui affecte leur relation idéale avec les autres dents;
  • la musculature (influence de la langue, des joues, lèvres, etc.), l’ossature (densité osseuse) et les habitudes (langue, bruxisme, suçage de doigt, etc.);
  • la santé du parodonte (des tissus de support des dents; os et gencive);
  • la durée du traitement (disponibilité du patient); certains patients ont des contraintes de temps et nous donnent une période limitée pour les traiter, ce qui rend difficile ou impossible de faire des corrections complètes. Parfois, des “ultimatums” nous sont imposés pour terminer un traitement (mariage, bal de finissants, déménagement, etc.);
  • le coût d’un traitement; si le budget du patient ne lui permet pas d’envisager un traitement global ou idéal, un compromis doit être envisagé si cela est possible;
  • les exigences particulières des patients; certaines personnes refusent d’avoir recours à la chirurgie, de subir des extractions ou de porter certain types d’appareils correcteurs. Cela peut alors limiter les possibilités de traitement que l’orthodontiste peut offrir au patient;
  • etc.

Il faut aussi réaliser que, parfois, c’est le patient qui demande dès la consultation d’avoir un traitement de compromis. Les raisons principales sont souvent la durée et le coût des traitements. À l’occasion, il est possible pour l’orthodontiste d’acquiescer à cette demande mais parfois cela n’est pas réaliste et il doit refuser.

Il est difficile d’avoir un résultat identique avec deux cas similaires qui débutent avec des “blocs” de construction différents et, même si ces composantes étaient similaires, les facteurs énumérés précédemment ont une influence différente sur chacun des cas.

  • Le plan de traitement est certes un bon guide pour le praticien dans l’atteinte de ses objectifs mais il se doit d’être réaliste, tout comme les attentes des patients.
  • En théorie, la seule façon d’obtenir un résultat “parfait” serait d’avoir tous les éléments et conditions “parfaites” en début de traitement pour atteindre cet objectif. En réalité cependant, ceci est  rarement le cas, pour ne pas dire jamais…!
  • C’est pourquoi nous préférons référer à un résultat “optimal”, “idéal”, “excellent”, se rapprochant de la “normalité”, etc. plutôt qu’un résultat “parfait”, que nous considérons inatteignable.
  • Comme avec un jeu de Lego, il sera impossible d’assembler un modèle “parfait” si on a pas tous les bons blocs de la bonne couleur et dimensions!

La perfection n'existe pas en orthodontie contrairement au Lego!

L’analogie du Lego et du traitement d’orthodontie

(A) En orthodontie nous débutons un traitement avec une dentition et une malocclusion spécifique à chaque patient. Chaque patient a des caractéristiques qui lui sont particulières; dentition, grosseur et forme des dents, musculature, mâchoires, etc.
(B) Nous élaborons un plan de traitement qui vise à obtenir les meilleurs résultats esthétiques et fonctionnels possibles tout en tentant de répondre aux attentes des patients. Ces objectifs de traitement ne sont jamais la “perfection” mais constituent l’ “idéal” pour un patient spécifique et cet idéal variera d’un patient à l’autre selon les caractéristiques de sa dentition et sa malocclusion et des moyens que le patient est prêt à prendre pour corriger son problème.

Avec un jeu de blocs Lego, si plusieurs personnes débutent avec les même blocs (dimensions et couleurs identiques) et suivent le même plan d’assemblage, toutes obtiendront exactement le même résultat sans variation aucune. Ce n’est cependant pas ce qui se passe en orthodontie avec une dentition et des patients. Il y aura autant de variations possibles qu’il y a de patients.

(C) Certaines variables mentionnées précédemment comme le manque de coopération, une dentition mutilée, des dents manquantes ou le refus d’avoir recours à certaines procédures par le patient (chirurgie, extractions, etc.) peuvent nous empêcher d’atteindre les objectifs idéaux. Il faut alors accepter un résultat de compromis.
(D) Même si les conditions semblent idéales et, malgré la bonne volonté du clinicien et du patient, il est parfois impossible d’atteindre l’ “idéal” et certains degrés de compromis ou “variations” de l’idéal doivent être considérées comme acceptables. Le fait de ne pas atteindre un résultat optimal n’indique pas nécessairement un échec ou un mauvais traitement.

De tels résultats peuvent quand même procurer une meilleure fonction et esthétique au patient et améliorer ainsi sa qualité de vie.

La perfection n’existe pas!

Comme dit le dicton : “la perfection n’est pas de ce monde”. L’orthodontie, tout comme la dentisterie et la médecine, n’est pas une science exacte. Malgré ce que prétendent certains praticiens dans leur publicité et leurs “slogans” , le sourire parfait, la bouche parfaite, la dentition et l’occlusion parfaites sont impossibles à atteindre et n’existent que théoriquement ou dans la tête des rêveurs irréalistes! Vous n’avez qu’à faire une recherche Internet avec les termes “dentition, bouche, sourire, occlusion” et “parfait(e)” pour vous en convaincre. Vous serez dirigés vers une multitudes de sites laissant sous-entendre pouvoir éliminer tous les défauts dentaires tracassant un patient et ainsi lui offrir le sourire “parfait” tant convoité! Cette illustration comporte quelques extraits ainsi trouvés sur différents sites!

Sourire et dentition parfaites en orthodontie

Un sourire parfait avec Invisalign. Orthodontiste Lemay Sherbrooke orthodontie orthosherbrooke orthoLemay.com orthodentie orthodentiste

Certaines compagnies et produits promettent la “perfection”

 

Si quelqu’un vous promet ainsi “la perfection”, tentez de vous le faire mettre par écrit, ce sera le vrai test du sérieux de cette allégation!
Un praticien peut vous promettre ou “garantir” de faire de son mieux, d’utiliser les standards en vigueur dans son domaine et de tenter d’atteindre le meilleur résultat possible mais de là à garantir la perfection…

 

Définir la perfection

homme vitruve perfection orthodontie sherbrookeAvant de tenter d’atteindre la perfection, il faudrait tout d’abord qu’elle soit définie, ce qui n’est pas une tache facile. La perfection peut avoir plusieurs sens et définitions pour différentes personnes alors comment s’entendre de façon unanime sur un tel concept. Ce qu’un patient peut considérer comme “parfait” peut présenter une foule d’imperfections, irrégularités, et anomalies aux yeux d’un orthodontiste tandis qu’un résultat considéré comme “idéal” par un praticien peut ne pas satisfaire un patient qui lui, le trouve “imparfait”. La notion de “perfection” en dentisterie et orthodontie est d’autant plus complexe qu’elle rejoint deux aspects; la fonction et l’esthétique. Les patients réfèrent la plupart du temps à la perfection esthétique qui, tel que discuté précédemment, est très subjective. La “perfection fonctionnelle” quant à elle, est plus objective, “mesurable”, cartésienne et relativement possible à évaluer (dans une certaine mesure). Il serait donc possible, en théorie, de se rapprocher plus d’une perfection fonctionnelle qu’esthétique simplement à cause de la définition de chacune.

L’homme de Vitruve

Ce célèbre dessin de Léonard de Vinci montre un homme nu avec bras étendus, dans deux positions superposées et comprises dans un carré et un cercle. Les textes accompagnateurs visent à démontrer que la nature est la manifestation de la perfection et que l’homme, étant la mesure de tous les éléments, se doit donc d’être parfaitement proportionnel.
Encore une fois, un concept théorique intéressant mais qui ne se reflète pas dans la réalité. L’homme est peut-être ce qui se rapproche plus de la “perfection” mais sa dentition ne sera jamais “parfaite”!

“L’excellence en orthodontie, plus que des dents droites mc

Ce slogan (et notre marque de commerce enregistrée) que nous utilisons pour notre pratique depuis plusieurs années reflète bien notre philosophie c’est-à-dire que nous tentons d’obtenir l’excellence tout en étant conscients que la perfection elle, n’est pas atteignable. L’excellence orthodontique va bien au delà d’avoir “des dents droites” même si cela constitue une partie importante du résultat recherché par les patients et l’orthodontiste.

Il faut un objectif, une “cible”

Il faut viser une cible! Labsence de perfection ne signifie pas que d’excellents résultats, tant du point de vue esthétique que fonctionnel, ne puissent pas être atteints et qu’il ne vaille pas la peine d’entreprendre un traitement. Dans l’élaboration d’un plan de traitement, il faut évidemment avoir des objectifs qu’on tente d’atteindre, tout comme une “cible” au tir à l’arc. La seule façon d’atteindre cette cible est de savoir où elle se trouve et d’au moins viser dans sa direction pour tenter de l’atteindre!Cette analogie peut s’appliquer aux traitements dentaires et d’orthodontie. Tel que décrit ci-haut, il existe une multitude de facteurs incontrôlables, soit par le clinicien et/ou le patient, qui peuvent influencer le résultat final du traitement. On atteint rarement le milieu de la cible mais le fait de ne pas atteindre le “bullseye” ne signifie pas que ce soit un échec pour autant. Chaque traitement est en fait une forme de compromis à différents degrés. On ne peut pas toujours atteindre le milieu de la cible

Esthétique et fonction

Ces termes, qui réfèrent à des objectifs de traitement de nous tentons toujours d’atteindre peuvent être difficile à définir. En ce qui concerne l’esthétique… la définition de l’esthétisme et son interprétation sont variables et parfois très personnelles. Pour ceux que le sujet intéresse et qui veulent approfondir la notion de l’influence de la beauté et l’esthétisme dans notre vie, un très bon livre par Nancy Etcoff fait un excellent résumé.1 Elle tente de répondre à la question “Qu’est-ce que la beauté et comment la reconnaissons-nous”? et explique que “…l’idéal de la beauté n’existe que dans notre esprit, pas en chair et en os…”. Ceci s’applique tout aussi bien à la dentition, le sourire et l’occlusion et, quiconque souscrit à cette philosophie, doit reconnaître qu’il est difficile de satisfaire les exigences personnelles et variées de tout le monde.L’aspect “fonctionnel” quant à lui est plus “scientifique”, cartésien ou “mesurable” mais, même à cela, tous ne s’entendent pas sur la définition d’une fonction mandibulaire et articulaire (articulations temporo-mandibulaires) “parfaite” ou idéale alors nous ne prétendrons certainement pas pouvoir l’obtenir. Image, beauté, esthétisme et orthodontie

Obligation de moyen ou de résultats?

  • Les spécialistes de la santé dont les orthodontistes, qui entreprennent des traitements ont ce que l’on appelle une “obligation de moyens” et non une “obligation de résultat” ce qui est est très différent.

L’obligation de moyens signifie qu’un praticien doive mettre en oeuvre tous les moyens nécessaires et possibles pour obtenir le succès du traitement, même si ce résultat ne peut en aucun cas être garanti. 2

Dans le domaine de l’orthodontie, cela signifie qu’un orthodontiste doit avoir pris les moyens appropriés et reconnus dans son domaine d’expertise (l’orthodontie) et avoir apporté à l’exécution du traitement la prudence et la diligence d’une personne raisonnable de même qualité qui serait placée dans une situation similaire. Il doit utiliser le meilleur de ses connaissances tout en agissant dans les limites de ses connaissances pour pallier au problème à résoudre.

  • L’obligation de moyens sous-entend que le praticien déploiera ses meilleurs efforts selon ses capacités pour atteindre des objectifs préalablement établis.
    Tout comme en médecine, les professionnels médicaux s’engagent à tout faire pour soigner sans s’engager à guérir. Un traitement n’implique pas nécessairement une guérison.
  • En d’autres mots, le praticien ne peut que “garantir” d’agir selon les “normes” de sa profession sans pouvoir promettre ou garantir quelque résultat précis que ce soit.

L’obligation de résultat, quant à elle, implique qu’un professionnel doit obtenir les résultats prévus.

  • La dentisterie n’est pas une science exacte et, par conséquent, le professionnel ne peut garantir l’obtention des résultats escomptés, quels qu’ils soient.
  • En fait, le code de déontologie des dentistes, qui est la loi qui gouvernant la pratique de la dentisterie au Québec, empêche de donner à un patient une garantie de résultat découlant d’un traitement.
  • Trop de facteurs, variables et imprévus peuvent faire qu’un traitement proposé puisse être modifié en cours de route et empêche l’atteinte de résultats précis (croissance, coopération du patient, imprévus, etc.). Le dentiste et l’orthodontiste ne sont donc pas assujettis à l’obligation de résultat.
  • L’obligation de de résultat suppose qu’un dentiste ou orthodontiste est tenu à un résultat envers son patient. Garantir un résultat pour un traitement est d’ailleurs reconnu comme un acte dérogatoire. On ne peut garantir directement ou indirectement l’efficacité d’un traitement. (1)

Donc, tout ce que nous pouvons “garantir” est que nous ferons de notre mieux, selon les règles de l’art, pour atteindre les objectifs de traitement fixés sans toutefois garantir l’atteinte complète ou partielle de ces objectifs (résultat). Cela, nous vous le garantissons!

➡ Pour en savoir plus sur la “garantie “de la stabilité des résultats orthodontiques pendant la période de rétention.

Les résultats en orthodontie ne sont pas garantis.

Consentement libre et éclairé

Le consentement du patient doit être libre et éclairé.

Un consentement libre signifie qu’il a été pris sans a aucune dorme de contrainte,  menace,  pression  ou de promesse de la part du praticien, de la famille ou de l’entourage du patient. Le patient doit donner son autorisation au traitement  de son plein gré et en toute connaissance de cause.Le patient doit avoir l'information nécessaire pour prendre une décision libre et éclairée concernant son traitement d'orthodontie

Un consentement éclairé signifie que le patient a reçu toute l’information pertinente sur ce qui m’est proposé de manière à connaître, dans la mesure du possible les différentes options qui s’offre à moi ainsi que les risques et conséquences associés à chacune des options. C’est une décision prise en toute connaissance de cause.

Les textes légaux font la distinction entre « libre » et « éclairé » mais dans  la vie courante, les deux notions sont indissociables car il impossible de se considérer comme libre de décider sans être adéquatement informé. La liberté de décision va donc de pair avec l’information.(5)

Pour obtenir le consentement libre et éclairé du patient, il faut lui fournir, notamment, les renseignements suivants :

  • le diagnostic;
  • la nature du traitement;
  • les interventions à effectuer;
  • les bénéfices et les risques associés aux interventions;
  • les conséquences d’un refus ou d’une non-intervention;
  • les autres possibilités de traitement.

En médecine, en dentisterie et en orthodontie, le patient doit être informé de ce que comprend le traitement proposé. Le praticien doit fournir des informations précises sur le(s) traitement(s) en indiquant les avantages et inconvénients d’y avoir recours. (3)

  • Le patient doit aussi être informé des autres traitements possibles (traitement limité, traitement de compromis, méthodes alternatives, etc.), s’il y en a,  et les coûts associés à chacun ainsi que des désavantages de ne pas avoir recours au traitement s’ils peuvent être évalués ou anticipés.
  • L’information doit être présentée de façon claire et précise pour ce que le patient puisse bien la comprendre et poser des questions s’il y a lieu.
  • De cette façon le patient (ou ses parents) seront biens informés des objectifs du traitement et des moyens qui seront pris pour arriver à ce résultat et pourront prendre une décision éclairée en toute connaissance de cause.
  • À noter que la divulgation d’information et les discussions entre un patient et son praticien ne signifient pas que le praticien doive prédire et savoir exactement tout ce qui se produira et quand pendant un traitement d’orthodontie mais les risques et limitations particulières à un cas devraient être mentionnées… s’il est possible des anticiper. Il existe aussi certains risques et limitations inhérents à tout traitement d’orthodontie qui peuvent se produire occasionnellement.
  • Cet échange d’information  entre le patient (parents) et l’orthodontiste a pour but d’informer le patient le mieux possible pour qu’il ait une idée réaliste des possibilités de l’orthodontie et que ses attentes soient réalistes face à ce traitement.

Les attentes de chacun doivent être réalistes posez des questions à votre orthodontiste

  • Si ce qui est proposé par l’orthodontiste de répond pas aux attentes et à la (aux) plainte(s) principale(s) du patient, il est préférable que ce dernier n’entame pas le traitement. L’opposé est vrai aussi; si le praticien ne peut proposer un traitement valable qui permettra d’atteindre les objectifs de traitement satisfaisant le patient, il est préférable que l’orthodontiste recommande au patient de ne pas se faire traiter.
  • Ceci implique que le patient doive avoir des attentes réalistes qui devront être bien expliquées au praticien (l’orthodontiste ne peut deviner ce que désire le patient s’il ne lui explique pas ce qu’il aimerait modifier dans sa bouche, son occlusion, etc.).
  • L’avènement de nouvelles techniques et appareils orthodontiques plus esthétiques incite souvent les patients à considérer l’orthodontiste mais les possibilités de ces techniques étant plus limitées, les désirs des patients sont souvent irréalistes pour obtenir les résultats qu’ils espèrent avec ces méthode. Il revient donc au praticien de  :
    • bien informer le patient des limites de telles techniques afin qu’il décide s’il veut entreprendre un traitement de compromis ou,
    • simplement refuser de traiter le patient avec de telles méthodes s’il les considére inefficaces pour atteindre les objectifs visés ou,
    • proposer des méthodes alternatives plus efficaces (sans être “infaillibles”).
  • À noter que “l’échec” apparent d’un traitement, ou ce qui pourrait sembler l’être, comme par exemple si tous les objectifs de traitement fixés au début n’étaient pas atteints complètement, n’est pas nécessairement une faute car plusieurs facteurs (coopération, croissance, etc.) peuvent affecter ces résultats.
  • En conclusion, la discussion entre le patient et l’orthodontiste avant même le début du traitement doit permettre au patient de verbaliser ses désirs et attente face à un traitement d’orthodontie et à l’orthodontiste de comprendre ces demandes et de proposer des méthodes et plans de traitement pouvant permettre de satisfaire le patient dans la mesure du possible. Lorsque ces “règles de bases” sont respectées cela minimise les chances que le patient ou l’orthodontiste ne soient pas satisfaits su traitement. La plupart des “conflits” ont comme origine un manque de communication!

“La sagesse, c’est la prévoyance.” (5)

Je paye… donc je veux que tout soit parfait!

Nous entendons parfois cette remarque de la part de patients qui considèrent que, étant donné qu’ils “payent cher” pour leur traitement, ils exigent et s’attendent à ce que tout soit “parfait” au point de devoir s’acharner thérapeutiquement pour tenter d’atteindre des objectifs irréalistes. Tout le monde, incluant l’orthodontiste, désire des résultats excellents dans un délai raisonnable mais, le fait de “payer” pour un traitement ne rend pas la perfection plus atteignable pour autant.

 

Nos cas ne sont pas parfaits!

Tout est un certain compromis…

Montrez-nous un “sourire parfait” ou un cas traité en orthodontie que quelqu’un considère “parfait” et nous le décortiqueront pour y trouver de nombreux défauts et imperfections! Ceci s’applique aussi bien aux cas que nous traitons, même les plus beaux résultats que nous avons obtenus et les nombreux cas publiés sur ce site Internet!

Petite anecdote :

La perfection en orthodontie n’existe pas

En début de carrière, mais après déjà plusieurs années de pratique, j’étais (Dr Jules) particulièrement fier d’un certain cas très difficile que nous avions traité de façon exemplaire et avec des résultats au delà de nos espérances et celles du patient et ses parents. Je considérais le résultat obtenu comme étant extraordinaire, pour ne pas dire “parfait” selon tous les critères possibles (fonction, occlusion, esthétique, confort et satisfaction du patient, etc.). En mentionnant ce fait à mon père (orthodontiste depuis plusieurs décennies déjà) il me dit que, pendant toute sa carrière, il a eu plusieurs “beaux et excellents” résultats de traitement mais jamais de “cas parfait” et qu’il n’attendrait pas d’en obtenir un pour prendre sa retraite car c’est inatteignable! (Il prit finalement sa retraite après ~ 55 ans de pratique!). Quel rabat-joie! 🙁

J’ai cependant vite réalisé qu’il avait raison et qu’on ne peut que prétendre atteindre la perfection mais sans jamais l’atteindre… Ainsi, en plus de 80 années combinées de pratique d’orthodontie… nous sommes toujours à la recherche de ce cas parfait qui nous échappe toujours! Peut-être que d’autres l’ont obtenu?

C’est aussi pourquoi pour décrire une bonne ou excellente  nous préférons utiliser les qualificatifs “fonctionnel”, “optimal”, “idéal” ou “normal” (FOIN) plutôt que le terme “parfait”

Voici des exemples de cas qui, pour différentes raisons, n’ont pas été terminés d’une façon “parfaite” ou même idéale. Parfois, le manque de coopération du patient à porter les élastiques empêche d’obtenir les déplacements dentaires voulus mais, en d’autres occasions et malgré une bonne coopération, la réponse de la dentition n’est pas celle espérée et un compromis doit être accepté.

Exemple de corrections orthodontiques imparfaites.

(A) À la fin des corrections orthodontiques, malgré toutes les tentatives de rapprocher les dents, il manquait toujours des contacts entre les dents postérieures (flèches). (B) Plusieurs mois après l’enlèvement des appareils, les dents se sont repositionnées et une meilleure relation ou engrenage existe.

 

Manque de contacts entre les dents postérieures après l'orthodontie.

(A) Situation similaire où les dents postérieures ne se touchent pas complètement après l’orthodontie (flèches). (B) Après plusieurs mois, les dents viennent qu’à se toucher convenablement et l’occlusion est meilleure qu’à la fin du traitement.

 

Compromis non-chirurgical; un plan de traitement loin de la “perfection”!

  • (A) Ce patient adulte présente un recul mandibulaire assez sévère (rétrognathie) pour justifier une chirurgie orthognathique afin de rétablir l’équilibre entre ses mâchoires et ainsi améliorer la fonction de sa dentition et l’esthétique du visage.
  • Le plan de traitement prévoyait un avancement mandibulaire chirurgical pour compenser pour la mâchoire inférieure trop reculée (D et E – flèches).
  • En cours de traitement, après l’alignement des dents et la diminution du surplomb vertical entre les dents, le patient a changé d’idée et ne désirait plus avoir recours la chirurgie. Nous avons donc dû modifier le plan de traitement et accepter un compromis.
  • (B) Après l’enlèvement des appareils, il manquait des contacts entre les dents postérieures et la mandibule était toujours aussi reculée.
  • (C) Un an après la fin du traitement, les contacts postérieurs se sont rétablis.

Ceci est un compromis sérieux par rapport à une approche “idéale” mais apporte quand même beaucoup de bénéfices à ce patient.

Traitement de compromis en orthodontie pour rétrognathie mandibulaire


Extraction d’une molaire endommagée et fermeture d’un espace important.

Dans ce cas, exceptionnellement, une première molaire inférieure (astérisque * bleu) fut extraite parce qu’elle était sévèrement endommagée, avait un traitement de canal et aurait nécessité la fabrication d’une couronne après l’orthodontie. De plus, la dent de sagesse incluse (* noir) aurait été condamnée à l’extraction.

  • (A, C et E) Malocclusion avant le traitement. L’extraction de la molaire (* bleu) a permis d’avancer la deuxième molaire et de “récupérer” la troisième molaire (dent de sagesse – *noir)
  • (B, D et F) Après le traitement, ce patient se retrouve donc avec deux bonnes molaires. De plus, il a évité l’extraction complexe d’une dent de sagesse incluse et n’aura pas besoin de faire une couronne sur la dent endommagée qui a été extraite.
  • Ce plan de traitement complexe a donné d’excellents résultats mais l’occlusion finale n’est pas parfaite; les lignes médianes sont légèrement déviées (B – lignes) et l’engrenage des dents postérieures présente quelques espaces et contacts légers (B – cercle).

Extraction d'une molaire et fermeture d'espace en orthodontie


Traitement de compromis avec un incisive incluse

  • Ce patient adulte a un espace supérieur gauche qu’il aimerait fermer.
  • Une particularité affecte la région inférieure antérieure; il a une incisive incluse (*).
  • Un chirurgien maxillo-facial considère qu’il serait trop risqué de l’extraire alors elle doit rester en place.
  • Ceci impose des contraintes pour le traitement d’orthodontie; les dents adjacentes à la dent incluse doivent être maintenues dans une position inclinée l’une vers l’autre afin d’éviter que leurs racines entrent en collision avec la dent incluse.
  • Ceci empêche aussi de tenter d’aligner les lignes médianes supérieure et inférieure (le centre des dents antérieures) et empêche d’avoir des contacts postérieurs normaux ou idéaux  du côté gauche (engrenage des dents).
  • Malgré ces compromis, nous considérons que ce traitement fut un succès car l’occlusion, la fonction et l’esthétique du sourire furent significativement améliorés.

Incisive incluse et traitement d'orthodontie

(A) Avant le traitement; linguoversion d’une latérale supérieure, espace important où une prémolaire a été extraite il y a plusieurs années (flèche) et présence d’une incisive incluse (*) (B) Après le traitement; l’occlusion croisée est corrigée, l’espace est fermé et de bons contacts existent entre les dents postérieures même si elles ne sont pas dans une relation idéale à cause du décalage causé par la présence de seulement 3 incisives inférieures. L’incisive incluse est toujours en place et les racine des dents adjacents ont été inclinées pour l’éviter (radiographies).

 

Imperfections dans la finition d'un cas d'orthodontie

(A) Ce cas présente certaines “imperfections” avant le traitement dont des latérales supérieures étroites (flèches). Le surplomb vertical est excessif. (B) Après le traitement les contacts entre les dents postérieures droites sont “légers”, la ligne médiane est légèrement décentrée. Les latérales ont été élargies pour donner un meilleur résultat esthétique. (C et D) Un an après la fin du traitement les contacts se sont améliorés et l’occlusion est meilleure.

 Un excellent résultat mais…

Correction d'une classe 2 en orthodontie

Correction d’une classe 2 avec écart de 7 mm (overjet) et surplomb vertical recouvrant les incisives inférieures chez une fille de 13 ans. (A) Avant le traitement. (B)Après les corrections orthodontiques, l’écart entre les dents antérieures est réduit et le surplomb vertical est diminué de sorte que les incisives inférieures sont maintenant visibles. L’occlusion est beaucoup plus fonctionnelle et esthétique mais… il demeure quelques “imperfections” comme une légère déviation de la ligne médiane, des contacts plus légers du côté gauche et de légers espaces entre les latérales et canines supérieures causés par la forme conique des latérales. Un excellent résultat mais pas “parfait”!

Des compromis significatifs peuvent être déterminés comme objectif de traitement dès le départ et faire partie du plan de traitement (comme par exemple garder un certain écart entre les dents antérieures chez un patient qui refuse une chirurgie orthognathique) tandis que d’autres doivent être envisagés pendant le traitement (par exemple par manque de coopération). Pour en savoir plus sur les traitements de compromis.


1- Survival of the Prettiest: The Science of Beauty, Nancy Etcoff , July 2000

2- Fonds d’assurance-responsabilité professionnelle de l’Ordre des dentistes du Québec (FARPODQ) Volume 4 no 1 / Mai 2013 / 5

3- Fonds d’assurance-responsabilité professionnelle de l’Ordre des dentistes du Québec (FARPODQ) Volume 18 no 1 / janvier 2016 / 5

4- Dictionnaire des proverbes, Larousse “Sagesse” p. 471, 1977.  (Térence, Adelphi, 386, IIe s av. J. C.)

5- Le consentement. Qu’est-ce que le consentement libre et éclairé. Collège des médecins du Québec, site Web http://aldo.cmq.org/fr-CA/GrandsThemes/Consentement/DefConsentement.aspx 2016-07-09

Collège des médecins du Québec. « L’information médicale avant la prise de décision », Le Collège, Vol. XL, no 1, mai-juin 2000. 

  Dernière mise-à-jour : 2016-10-18 à 19:50:40 © Jules E. Lemay, OrthoLemay.com

Commentaires et/ou questions (33)

  1. marie dit :

    Écart de 9 mm à 13 ans, on ne veut pas traiter mon fils!
    Comment peut-on réduire un écart des mâchoires de 9 mm à l’âge de 13,5 ans pour un garçon(mandibule rétrognate). En France, on ne veut rien faire disant qu’il est trop vieux pour un propulseur de mandibule (il mesure 1.63 m). On veut juste lui mettre des bagues avec élastiques mais en me disant que mon fils gardera un écart. Est-ce que l’osthépathie pourra l’aider. J’ai oublié de dire qu’il ronge ses ongles depuis longtemps. Comment le guérir de cette habitude.

    J’ai omis de dire qu’il garde souvent la bouche ouverte dans la journée malgré que nous lui avons ôté ses végétations et grosses amygdales, il y a 3 mois. Est-ce que cela peut provenir de son décalage ou alors de cette ventilation buccale.

    • Dr Jules dit :

      Il y a différentes façons de traiter de tels cas mais la clé du succès demeure dans la coopération du patient et la présence d’un potentiel de croissance restant qui peut être exploité de façon optimale. Des appareils multibagues avec élastiques, des appareils fonctionnels comme le Herbst et plusieurs autres façons peuvent permettre de corriger de sévère classes 2.

      Pour voir des classes 2 traitées.

      Pourquoi dire qu’il restera un écart avant de tenter de le traiter…? Si c’était mon garçon, c’est certain que je le traiterais maintenant plutôt que de laisser passer la croissance et le condamner à une possible chirurgie orthognathique plus tard.

      L’ostéopathie ne fera pas grand chose pour un tel déséquilibre squelettique!
      La cause principale d’une telle malocclusion est génétique.

  2. marie dit :

    je n’ai pas noté l’âge osseux de mon fils qui est de 13 ans et demi et il a 13,5 ans.

    Merci pour votre réponse.

  3. marie dit :

    On m’a dit d’attendre et maintenant on me dit qu’il est trop tard!
    J’ai l’impression qu’en France on ne veut plus intervenir à 13 ans pour essayer de réduire un écart entre les mâchoires. On pouvait encore mieux intervenir à 11,5 ans mais on m’avait dit “revenez dans un an pour attendre les dents définitives. Ne connaissant pas ce qu’il avait, j’ai attendu 2 ans (mon fis était très en retard pour ses dents définitives) maintenant 1 premier orthodontiste veut la chirurgie et rien d’autre. Deux autres me parlent uniquement des bagues avec élastiques.

    Dois-je baisser les bras et lui faire subir une chirurgie orthognatique. Un traitement orthodontique sera-t-il voué à l’échec? Faut-il vérifier qu’il n’a pas une déglutition atypique car il a une rétrognacie de la mandibule. Peut-on seulement reculer le maxillaire sans âbimer son profil ?

    • Dr Jules dit :

      Si on vous parle de chirurgie à 13 ans, consultez un autre orthodontiste, il y a plusieurs possibilités de traitement pendant la croissance.
      La déglutition n’est pas la cause d’une rétrognathie mandibulaire.
      Il n’est pas indiqué de reculer le maxillaire supérieur si la mandibule est déjà trop en recul. Il fut plutôt viser avancer la mandibule pour aller rejoindre le maxillaire supérieur qui lui, est probablement normal.

  4. Dreken dit :

    Bonjour,

    Vous avez raconté l’anecdote du cas ou à la fin du traitement les dents n’avaient toujours pas de contact et que plusieurs mois après l’enlèvement des appareils, les dents se sont repositionnées.

    Mais ces personnes portaient-elles un appareil de contention (avec faux palais) ou gouttière de nuit ?

  5. Eloise dit :

    Quand corrige-t-on les dents en rotation ou inclinées pendant un traitement d’orthodontie?
    Bonjour Dr ! Je ne cherche pas la perfection néanmoins j’ai une petite question concernant l’ajustement des incisives centrales. J’ai mon incisive gauche qui est pivotée de quelques degrés par rapport à mon incisive droite. J’aimerais savoir quand cet ajustement était effectué ? En fin de traitement ? Les bagues doivent-elles être recollées aussi ? Merci d’avance.

    • Dr Jules dit :

      Les rotations et mauvaises inclinaisons axiales sévères sont corrigées dès le début d’un traitement orthodontique. Il est nécessaire de le faire tôt afin d’avoir des dents de plus en plus droites pour suivre une progression de fils de plus en plus gros qui seront insérés dans les boîtier. Il se peut cependant que de légères rotations persistent et soient corrigées dans les dernier stages de traitement

      • Eloise dit :

        Merci pour votre réponse. Ce sont de légères rotations. Dans ce cas les bagues doivent être replacées ? Ou tout s’effectue grâce au fil ?

        • Dr Jules dit :

          Si vous n’avez pas d’appareils en bouche, il faudra quelque chose pour corriger ces malpositions dentaires! Cela peut être des appareils fixes multi-bagues, des aligneurs transparents, certains types d’appareils de rétention avec composantes active, etc. au choix de l’orthodontiste et du patient.

          • Eloise dit :

            Je me suis mal exprimée, je porte actuellement un appareil multi-bagues. Et l’orientation de mes incisives ne me plait pas. C’est pour ça que je voulais savoir si les bagues devaient être replacées différemment pour corriger ce défaut esthétique ou si le fil pouvait faire ce travail sans avoir a repositionner les bagues.

            • Dr Jules dit :

              L’orientation ou l’inclinaison des dents peut être modifiée en faisant des plis sur les fils orthodontiques (arcs). Il n’est pas nécessaire de décoller et recoller un bracket pour faire ces mouvements à moins que le boîtier sont vraiment mal placé. Si l’inclinaison de la dent doit être changée, on parle de “torque.

              Vous pouvez voir des exemples cliniques d’incisives ayant nécessité du torque pour les corriger dans la section des cas de Classe 2 division 2.

              Mouvements dentaires orthodontiques; torque, tipping, bascule, translation

              tag #torque

  6. Sarah dit :

    Bonjour docteur !
    Je suis ravie d’être tombée sur cette article … Ma fille a du porter des bagues et le résultat final ne lui convenait pas . Elle voulait un sourire de star .
    Mais même les stars n’ont pas la dentition parfaite et trichent beaucoup entre limage, blanchiment , facettes et j’en passe. Je suis donc tout à fait d’accord avec vous. Mais je pense surtout que c’est la définition du mot parfait qui est différente d’une personne à l’autre. Pour moi , le sourire parfait existe sans réellement être parfait … Simplement sans trop de défauts mais il y aura toujours des petits détails… Si on n’y fait pas attention , alors oui , les dents paraîtront parfaites à nos yeux. C’est bien là le problème , c’est que trop de gens font attention aux petits détails et ne voient malheureusement pas le travail qui a été accomplie de manière générale.

    • Dr Jules dit :

      Vous avez tout compris!
      La perfection n’existe pas en ce bas monde car elle est impossible à définir universellement. Ce qui est “parfait” pour l’un ne le sera pas nécessairement pour l’autre. Cependant, si quelqu’un trouve son sourire “parfait” à ses propres yeux, tant mieux pour elle ou lui! 🙂

  7. JOLANE dit :

    Peut-on stopper les changements après un traitement d’orthodontie?
    Bonjour,
    Vous avez déjà répondu à une de mes questions et je me permets de vs en reposer qui me turlupine.

    J’ai eu plusieurs appareils orthodontiques (3 en tout).
    Après le premier (à l’adolescence) et une rétention par palais amovible, mes incisives du haut se st chevauchées légèrement. Puis, 20ans après, vraiment franchement (incisives en X).
    J’ai remis un appareil pour remédier à ce pb. Après celui-ci, et une simple rétention par attèle, mes incisives se sont littéralement écartées. Cela ne me gênait pas outre mesure mais comme l’occlusion était vraiment mauvaise au niveau des molaires et que j’avais des difficultés à manger (faute reconnue de l’orthodontiste). J’ai rempilé :
    J’ai été opérée et j’ai eu un 3ème traitement orthodontique. J’ai des attèles en haut et en bas. Je devais porter une gouttière de maintient également mais elle m’occasionnait de terribles douleurs (aux dents, à l’articulation, au crane). Aussi je ne l’ai pas portée (c’était il y a 6 mois). on a même coupée l’attèle du haut en deux, ce qui m’a soulagé sur le moment. Évidemment mes dents ont un peu bougées, je l’ai vu depuis peu. Rien de dramatique, si ce n’est les tensions dentaires que cela m’apporte et une peur réelle que mon occlusion soit foutue et surtout, d’avoir fait tout cela pour rien. J’ai rdv ds qq jours chez mon orthodontiste mais souhaiterait votre avis. Voilà mes questions :

    1- Pensez-vous que l’on puisse stopper l’évolution (ou même pourquoi pas faire reculer un peu l’incisive) de mes dents via une nouvelle gouttière ou plutôt une plaque de Hawley (puisque je ne supporte pas la gouttière)?

    2- Peux ton avoir un nombre indéfini de traitement orthodontique ? ou qd on souffre d’un sadam (ce qui est mon cas) il vaut mieux les limiter?

    3- Si je choisi de laisser mes incisives revenir ds la position qu’elles souhaitent, quels pbs est ce que j’encoure ? Peuvent -elles se remettre en X ou juste un peu se re-chevaucher (ce qui ne me générait pas au fond car je ne cherche pas a être parfaite juste à moins souffrir).
    Merci!

    • Dr Jules dit :

      1- Rien ne peut “garantir” une stabilité absolue des corrections orthodontique ou de lapositin des dents, qu’ily ait eu traitement d’orthodontie ou pas; pas un Hawley, une gouttière ou des fils fixes. Pour en savoir plus sur la rétention orthodontique et la stabilité des corrections.

      2- Vous pouvez avoir des traitements aussi souvent qu’indiqué si les dents, votre parodonte et votre santé générale le permettent mais il faut le faire pour les bonnes raisons. Parfois il est préférable d’accepter certaines récidives que de s’acharner à vouloir garder tout “parfait”, ce qui est impossible.
      Pour en savoir plus sur la perfection en orthodontie.

      3- L’avenir le dira car c’est impossible à mesurer ou prédire avec certitude. SI ces incisives bougent trop, vous pouvez toujours les immobiliser en faisant ajouter une attelle de rétention fixe sur la surface interne (linguale) des dents.

      Pour en savoir plus sur la rétention orthodontique et la stabilité des corrections.

  8. Lalou dit :

    Décalage asymétrique et inesthétique dans l’arcade dentaire

    Bonjour
    Je me permets de vous écrire afin d’avoir un second avis.
    J’ai 33 ans. Je suis en traitement lingual depuis deux ans maintenant. Il me manquait depuis la perte de mes dents de lait une premolaire en bas à gauche (excusez le manque de vocabulaire approprié ). Mon orthodontiste a décidé de combler l’espace plutôt que d’opter pour un implant et de m’extraire la prémolaire correspondante en haut qui était déjà abîmée. Aucune extraction n’a été faite du côté droit.
    À l’aide d’une mini visse dans l’os il a fait reculer ma canine supérieure gauche pour combler l’espace créé par l’extraction sans toucher aux molaires et premolaire restante.

    Aujourd’hui après deux ans de traitement, j’ai les dents du bas deviées de l’axe mediant d’environ 3 mm vers la gauche et les dents du haut deviees mais surtout “inclinées ” vers la gauche également. Elles semblent être “plus hautes” du côté gauche que du côté droit comme si elles remontaient vers la mini visse. Elles forment comme une diagonale partant de ma canine supérieure droite (dent la plus “basse”) à ma canine supérieure gauche (la plus “haute” et la plus inclinée ).

    Cela me contrarie beaucoup car je ne trouve pas cela esthétique mais mon orthodontiste me dit que d’une part le resultat est satisfaisant car l’occlusion est bonne et que d’autre part il n’y a pas grand chose à faire à part me limer les incisives pour donner l’apparence qu’elles sont droites et je ne suis pas d’accord avec cette décision. Je suis prête à faire un compromis sur la deviation de l’axe mediant d’1 ou 2 mm car j’ai bien compris que la perfection n’existe pas mais l’inclinaison des dents du haut me dérange vraiment.

    Je sais bien que quelques explications imprécises par écrit ne peuvent pas vous permettre de prendre connaissance de mon cas mais pensez vous qu’il n’y ait effectivement rien à faire ? Si j’étais une nouvelle patiente me dirait on “désolé il n’y a rien à faire pour traiter votre cas”? Cela me semble incroyable d’autant que j’ai signifié à mon orthodontiste que j’étais prête à rallonger le traitement s’il le fallait car je ne veux surtout pas quitter son cabinet le dernier jour après avoir fait autant d’efforts en étant insatisfaite.

    Est ce que si l’on m’enlevait les deux prémolaires correspondantes à droite ayant ainsi le même nombre de dents des deux côtés je pourrais obtenir un résultat plus esthétique ?

    Enfin est ce que cette inclinaison pourrait être corrigée par quelques mois d’invisalign?
    Je vous remercie pour votre réponse et vous souhaite une très bonne journée.

    • Dr Jules dit :

      Comment évaluer le succès d’un traitement d’orthodontie?

      Le fait que vous ayez une “bonne occlusion” n’est qu’un élément du succès d’un traitement d’orthodontie. En plus il faut idéalement avoir une occlusion qui est esthétique, confortable, fonctionnelle stable et qui préserve l’intégrité du parodonte. La symétrie, les rotations, l’inclinaison des dents peuvent ne pas être parfaites mais si cela affecte trop l’esthétique, ça peut être problématique et le patient peut, comme dans votre cas, considérer que le traitement n’est pas un succès.

      Des études ont démontré qu’une ligne médiane peut être déviée passablement sans que ce soit perçu comme un problème esthétique mais le seuil de tolérance à une mauvaise inclinaison des dents et beaucoup plus faible.
      ➡ Pour en savoir plus sur les lignes médianes (asymétrie et inclinaison des dents) et les asymétries en orthodontie.

      Déviation de la ligne médiane dentaire et influence sur l'esthétique

      Figure 1 – À l’aide de Photoshop, la ligne médiane supérieure a été déplacée de 1, 2, 3 et 4 mm. La ligne bleue représente le centre de l’arcade.

      Influence de l'inclinaison des incisives sur la ligne médiane et l'esthétique.

      Figure 2 – Dans cette simulation, l’inclinaison des incisive a été modifiée de façon à déplacer la ligne médiane de 1, 2, 3 et 4 mm. La ligne bleue représente l’inclinaison des incisives.

      ➡ Pour en savoir plus sur l’esthétique du sourire et ce qui peut l’influencer et voir des exemples d’asymétries.

      Il est certainement possible de faire quelque chose pour corriger cela, surtout l’inclinaison des dents. Déplacer la ligne médiane de 2-3 mm pour restaurer une arcade symétrique est quelque chose de majeur cependant… mais pas impossible. Il faudrait en discuter avec votre orthodontiste…

      • Lalou dit :

        Merci beaucoup pour votre réponse.
        J’en ai discuté avec mon orthodontiste malheureusement il considère que le résultat est correct et me dit qu’il ne peut rien faire pour me satisfaire davantage et m’enlevera mon appareil dans quelques semaines… “c’est comme ça” m’a t-il dit…
        la communication n’est plus possible.
        Je vais donc aller consulter un autre orthodontiste pour avoir un autre avis car je ne suis vraiment pas satisfaite d’autant que j’ai l’impression que mes lèvres sont plus “enfoncées ” du côté où j’ai deux prémolaires en moins.

        Je voulais juste vous poser deux dernières questions:
        – est il (en théorie, je comprends bien que chaque cas est différent et que vous ne pouvez donner un avis sur mon cas précis à distance) possible de corriger une asymétrie comme la mienne sans extraire davantage de dents? Je redoute que l’autre orthodontiste me dise qu’il n’y a pas d’autre solution que l’extraction..

        – est il possible afin d’eviter une extraction supplémentaire en bas de rouvrir l’espace de la prémolaire manquante (qui a donc été totalement refermé, aggravant ainsi la deviation de mes dents du bas vers la gauche) pour recentrer l’arcade et y mettre un implant?
        Je vous remercie beaucoup pour votre attention.

        • Dr Jules dit :

          – est il possible de corriger une asymétrie comme la mienne sans extraire davantage de dents?

          Si une dent a été extraite et que l’asymétrie est causée par le déplacement des dents vers le site d’extraction, les solutions pour restaurer une symétrie dans l’arcade dentaires seraient soit :
          – d’extraire une autre dent du côté opposé et de déplacer les dents de ce côté ou de
          – rouvrir l’espace de la première extraction en avançant à nouveau les dents. Par la suite, l’espace rouvert peut (en théorie) être fermé en avançant les dents postérieures plutôt qu’en reculant les dents antérieures comme à la première tentative.

          – est il possible afin d’eviter une extraction supplémentaire en bas de rouvrir l’espace de la prémolaire manquante (qui a donc été totalement refermé, aggravant ainsi la deviation de mes dents du bas vers la gauche) pour recentrer l’arcade et y mettre un implant?

          En théorie oui, c’est la deuxième solution décrite précédemment. Par contre, au lieu de mettre un implant dentaire, il peut peut-être être possible de fermer l’espace tel que décrit ci-haut?

          • Lalou dit :

            Merci infiniment pour votre réponse rapide ! Je peux ainsi aller voir le nouvel orthodontiste avec des informations précises en tête.
            Votre deuxième solution serait idéale pour moi et c’était le plan de traitement initialement prévu mais qui a malheureusement dérapé. S’il était encore possible de le rattraper ce serait un grand soulagement pour moi.
            Je vous remercie vraiment pour votre disponibilité et votre bienveillance.
            Bonne journée à vous

            tag #merci

  9. Lilou dit :

    Peut-on descendre une dent endommagée en orthodontie?

    Bonjour, je me suis cassée une partie de la dent de devant étant enfant, mon dentiste m’a mis une sorte de composite pour imiter l’endroit cassé de la dent. Etant donnée que je dois mettre un appareil dentaire je me demandais si il était possible de descendre grâce à l’appareil ma dent (cassé de 2mm à peu près)? j’ai déjà lu des témoignages sur cela et j’aimerai avoir votre avis merci

    • Dr Jules dit :

      Oui cela est possible. Cette procédure s’appelle “éruption forcée” ou de l'”extrusion forcée”. Ceci peut être considéré si la couronne de la dent est fracturée mais que la racine est intacte. Parlez-en à votre dentiste et à votre orthodontiste.

      ➡ Pour en savoir plus sur l’éruption forcée en orthodontie consultez ces autres réponses; 1, et 2 .

      • Lilou dit :

        D’accord merci pour votre réponse je demanderai conseille à mon orthodontiste. De plus j’aimerai savoir, si l’extrusion forcée est possible, est-il possible de limer “l’excédent” cest à dire la partie de la dent restante où c’était cassé afin de rendre un aspect droit à la dent? Si oui y a t-il des risques avec le limage d’une dent? Merci

  10. Karine dit :

    Récidive rapide après la fin d’un traitement d’orthodontie

    Bonjour,

    Notre fille de 14 ans a porté des brackets (système Damon) pendant 30 mois pour une classe II et une béance. Au moment de la dépose début mai, l’engrènement dentaire était à peu près correct.
    5 semaines après le début de la contention (un fil collé en bas et une gouttière plastique à porter la nuit), ses dents ne s’engrènent plus du tout et ont même une relation en bout à bout.
    Nous sommes très déçus car nous avons l’impression que le traitement n’a servi à rien. Les dents sont alignées mais l’occlusion est aussi mauvaise qu’avant le début du traitement.
    Est-il normal que les dents bougent aussi vite malgré la contention ?
    Que pouvons nous faire ? Devons nous reprendre un traitement ou demander à l’orthodontiste de changer de contention ?
    Nous vous remercions par avance de votre réponse et vous souhaitons une bonne journée.

    • Dr Jules dit :

      Des changements aussi importants en si peu de temps ne sont probablement pas causés par des déplacements dentaires, surtout si les dents demeurent bien alignées sur les arcades. Il peut s’agir d’un déplacement de la mandibule qui cahnge la relation entre les dents du haut et du bas donc l’occlusion.

      Soit que la mandibule ait pu changer de position après la dépose des appareils correcteurs ou soit qu’il y avait différentes positions de fermeture de la mandibule (“dual bite”) pendant le traitement et que l’orthodontiste ne les a pas décelées et que l’une d’elle s’exprime maintenant. Il y a peut-être aussi une autre explication pour laquelle je n’ai pas assez d’information pour vous conseiller.
      Retournez voir votre orthodontiste pour qu’il évalue le tout.

      • Karine dit :

        La respiratio buccale de nuit cause le déplacement de mâchoire?

        Je vous remercie pour votre réponse.
        Ses dents sont toujours bien alignées. Cependant, ce que vous dites au sujet de la position de la mandibule m’interpelle. En effet, j’ai remarqué que pendant le traitement son menton avait beaucoup reculé (elle avait presque un double menton) au point que je m’inquiétais du résultat esthétique sur son profil. Or, depuis la dépose des bagues, son menton est revenu à peu près à la normale.
        Nous avons vu l’orthodontiste qui prétend que ces changements sont dus au fait que ma fille a très certainement une respiration buccale la nuit. Elle a changé sa contention pour une plaque de Hawley.

        Je comprends que vous ne puissiez me conseiller faute d’information mais pouvez-vous me dire à quelle autre explication vous pensez ? J’essaie de trouver des pistes pour comprendre les causes et remédier à ce problème, si c’est encore possible.

        • Dr Jules dit :

          La position d’un menton ne change pas aussi rapidement ou si peu de temps. Ce que vous décrivez ressemble vraiment à un positionnement (ou des positions) différent de la mandibule d’une fois à l’autre.
          Reste à savoir ce qui cause cette instabilité dans la position mandibulaire. Il arrive parfois qu’on traite une occlusion dans une certaine relation qui nous apparaît adéquate lors des visites des patients mais que la mandibule soit en fait plus reculée et qu’on ne le décèle pas (ce qu’on appelle un “dual bite” en anglais) . Soudainement, la mâchoire inférieure “décide” de reprendre une position reculée ce qui rend le menton plus fuyant. Dans le cas de votre fille, il semble que ce soit le contraire qui se produise; la mandibule avance probablement parce que votre fille trouve cette position plus confortable que lorsque les dents sont en occlusion avec la mandibule reculée (position de traitement de l’orthodontiste).

          Je ne crois pas qu’on puisse soudainement blâmer une “respiration buccale la nuit” pour expliquer de tels changements car :

          – si elle respire vraiment par la bouche seulement pour une raison quelconque, elle ne le fait pas que la nuit. Si elle est obstruée, ce n’est pas uniquement la nuit!

          – Ce type de respiration (s’il est vraiment présent chez votre fille) n’est pas soudainement apparu en quelques semaines après la dépose des appareils orthodontiques…

  11. Karine dit :

    Récidive après 4 semaines?

    Merci pour votre réponse.
    Ma fille a effectivement tendance à avoir une respiration buccale surtout pendant un effort physique et probablement la nuit. Cependant, elle a la bouche fermée pendant la journée. Par ailleurs, elle a été suivie par un orthophoniste avant le début du traitement d’orthodontie car elle avait une déglutition infantile et une mauvaise position de la langue mais ces problèmes ont été réglés. Je veux bien admettre qu’une béance revienne au bout d’un certain temps après le traitement d’orthodontie si la position de la langue, la déglutition ou la respiration sont mauvaises mais est-ce possible en à peine 4-5 semaines ?

    Je pense effectivement comme vous le suggérez que la mandibule a repris une position confortable (celle qu’elle avait avant le traitement). En effet, immédiatement après la dépose des bagues, les dents s’engrènaient mais ma fille avait un sourire “forcé” un peu comme si la position ne lui était pas confortable. Elle m’a dit qu’elle “n’aimait pas” ses dents sans pouvoir exprimer pourquoi.
    La contention par plaque de Hawley, que ma fille porte depuis 10 jours, ne semble pas améliorer l’engrènement.
    Pensez-vous qu’il soit nécessaire de reprendre un traitement complet pour régler ce problème ?

    • Dr Jules dit :

      Une récidive importante ne se produit pas en quelques semaines, du moins si la cause est un déplacement dentaire.
      Quant à savoir ce qui serait nécessaire de faire pour corriger à nouveau cette béance antérieure, il faudrait idéalement tenter de trouver la cause de cette récidive car cela pourrait influencer le plan de traitement… qui pourrait inclure un “re-traitement” selon la gravité du problème.

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